Thérapeutiques Interventionnelles dans l’Hypertension Artérielle

La dénervation des artères rénales

Il s’agit d’un nouveau traitement qui consiste en l’application d’un courant électrique par radiofréquence ou à l’avenir d’autre type d’énergie tel que les ultrasons sur les nerfs cheminant dans les artères des deux reins. Son intérêt est en cours d’évaluation et nous participons dans notre service à différentes études européennes sur cette technique.

L’objectif de la technique est d’améliorer le contrôle des chiffres de pression artérielle chez les patients non contrôlés par 3 voire 4 traitements antihypertenseurs. Différentes étapes doivent précéder la dénervation rénale notamment un bilan exhaustif d’hypertension artérielle pour s’assurer qu’il n’existe pas de cause spécifique pouvant guérir avec un traitement particulier (rétrécissement d’une artère rénale, excès d’activation d’une glande surrénale…). Il faut également s’assurer que la mesure de pression artérielle des 24 heures n’est pas contrôlée (holter tensionnel).

Auteur: Dr Pierre Yves Courand, HTA interventionnelle, pour le GCS Lyon Nord Ouest.

Angiographie rénale gauche

La procédure est réalisée au cours d’une brève hospitalisation de 48 heures. Elle a lieu sous anesthésie générale pour le confort du patient. Une ponction est réalisée au niveau de l’artère fémorale située au niveau du pli de l’aine.

A l’aide de cathéter les artères du rein sont visualisées par une injection d’iode. Une sonde spécifique est placée dans une artère du rein puis l’autre pour délivrer l’énergie nécessaire à interrompre une partie de l’activité des nerfs sympathiques cheminant au sein de la paroi du vaisseau.

La durée de la procédure est généralement de 30 à 45 minutes et elle se termine par la mise en place d’un pansement compressif au niveau du pli de l’aine. Le lever est autorisé le lendemain ainsi que le retour à domicile.

La technique ne permet pas d’arrêter le traitement antihypertenseur mais de mieux contrôler la pression artérielle. Dans certains cas un allègement des traitements est envisageable après quelques mois de suivi. Une surveillance clinique et par imagerie est nécessaire au long cours.

Ce type de traitement étant encore en cours d’évaluation, il est important qu’il soit utilisé dans un cadre strict scientifique et de recherche clinique afin d’en étudier les avantages et les inconvénients.

L’angioplastie des artères rénales

Dans certaines situations, le rétrécissement d’une ou des deux artères du rein peut-être responsable d’une hypertension artérielle. Après analyse de différents éléments d’imagerie et de biologie, une dilatation d’une artère du rein (angioplastie) avec ou sans pose de stent peut améliorer le contrôle de l’hypertension artérielle.

La procédure a lieu par l’artère du poignet sous anesthésie locale. Des cathéters sont acheminés jusqu’aux artères du rein permettant de les opacifier avec des injections de l’iode. Des ballons ou des stents peuvent être acheminés jusqu’au rétrécissement par le cathéter afin de dilater cette zone.